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Régie Renault, Boulogne-Billancourt

Thématique : Patrimoine industriel et artisanal

Au commencement du deuxième conflit mondial, Louis Renault adopte une position attentiste. Il ne souhaite pas se lancer dans la production d'armement comme il l'avait fait durant la Première Guerre mondiale. Son neveu par alliance, François Lehideux, est placé à la tête de l'entreprise par le gouvernement et prend en charge l'effort de guerre des usines Renault. En 1940, la production de chars, camions, mines d'infanterie et autres grenades est entièrement mise en place et les cadences sont chaque jour accélérées. Louis Renault est toujours le patron de ses usines mais c'est François Lehideux qui décide. La collaboration des usines Renault avec l'occupant en fait une cible privilégiée des bombardements des forces alliées. Dès 1942, les ateliers de Boulogne sont détruits à quarante pour cent. L'île Seguin subit le même sort. La production est ralentie mais non stoppée. À la Libération, Louis Renault est emprisonné et décède en 1944. Le gouvernement de Gaulle réquisitionne cette même année les usines et nomme Pierre Lefaucheux (1898-1955) au poste d'administrateur. Le 23 octobre 1944 la municipalité exprime le vœu de la nationalisation de Renault. Le 16 janvier 1945 est signée l'ordonnance de la nationalisation des usines Renault, rebaptisées Régie nationale des usines Renault. Lefaucheux relance progressivement l'entreprise dans une économie d'après-guerre peu favorable. Mais à partir 1947, la Régie Renault devient le premier constructeur national. De nombreux modèles seront produits dans les usines de l'île Seguin jusqu'au vendredi 27 mars 1992, date qui sonne le glas de soixante-dix années de production.