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Strasbourg
Cours d'eau
l’ Aar, la Bruche, l’Ill, le Rhin, le Rhin Tortu et le Ziegelwasser
Nom des habitants
les Strasbourgeois, les Strasbourgeoises
Date du recensement
2008
Population
272 116 hab.
Superficie
7826 ha
Histoire de la commune de Strasbourg

Du germanique Strass, « route », et Burg, « cité ».

La bande rouge du blasson, en allemand Strasse, évoque le nom de Strasbourg.

Occupé dès l’âge du Bronze ancien par un village de pêcheurs, le site de Strasbourg est ensuite investi par les Celtes, qui établissent au IVe siècle av. J.-C. un sanctuaire et un marché. À cette vocation commerciale, les Romains ajoutent une vocation militaire, en installant dès l’an 12 av. J.-C. un fort de surveillance, bientôt développé par Tibère en un centre civil et militaire. Ce bastion connaît maintes destructions au fil du temps et des tentatives d’invasion, jusqu’à la destruction totale de la ville par Attila en 451. Strateburgum est ensuite fondé sur les ruines d’Argentorate par les Francs, maîtres de l’Alsace depuis la victoire de Tolbiac en 496. La population, en nombre réduit, est tout d’abord composée d’agriculteurs pour l’essentiel, puis d’ouvriers et d’artisans.

 Aux IXe et Xe siècles, la prospérité de Strasbourg allant croissant, les bourgeois souhaitent s’émanciper de leur seigneur-évêque : ils obtiennent en 1140 la signature d’un premier statut municipal qui définit les pouvoirs, mais aussi les droits et les devoirs de chacun. Leur situation évolue ainsi peu à peu jusqu’à la libération définitive de la tutelle épiscopale, en 1262, grâce à la victoire de Hausbergen. En 1349, les juifs, tenus responsables d’une épidémie de peste, sont massacrés. Ayant obtenu le privilège de foire en 1336, la ville s’enrichit et connaît une grande renommée ; son appui est convoité : elle reçoit en échange de nombreux privilèges et le statut de ville libre d’Empire. La noblesse, après une dernière tentative de révolte, quitte la ville en corps en 1420. Cette dernière est alors organisée en un système de corporations et est administrée par des conseils alliés à un exécutif. Elle compte 18 000 habitants en 1444 et devient notamment le centre du mysticisme allemand. Grâce à l’invention de Gutenberg, la Réforme se diffuse largement. Le nouveau culte établi, les membres des chapitres et le clergé régulier quittent la ville ; les couvents sont affectés aux institutions de bienfaisance et d’enseignement. Après divers scissions et troubles, le culte luthérien et la paix religieuse sont restaurés, et Strasbourg devient en 1560 un lieu de refuge pour les protestants français, qui contribuent à son rayonnement dans les domaines intellectuel, politique, économique et diplomatique. Au cours de la guerre de Trente Ans, la cité souhaite garder sa neutralité, mais recherche des alliés pour garantir sa faiblesse. Elle passe alliance avec Gustave Adolphe de Suède en 1632, mais la mort du souverain ruine le contrat : la ville est en proie à la guerre. Placée hors du champ d’application des traités de Westphalie, en 1648, elle se rend toutefois en 1681. Annexée, elle est alors privée de son indépendance, de son arsenal et de ses milices. Elle conserve son administration, sa Constitution, qu’elle garde jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, son gouvernement ainsi que sa liberté de conscience et de culte. La monnaie change, mais la tentative de conversion des esprits subit un échec relatif. L’installation d’une garnison française ramène la prospérité, permettant le développement du commerce, de l’artisanat et de l’urbanisme. Au cours de la Révolution, les attaques contre le clergé et ses biens choquent la population et entraînent une importante vague d’émigration et de protestation qui conduit à une lourde répression. C’est pourquoi le coup d’État du 18 brumaire est accueilli avec soulagement et restaure paix intérieure, extérieure et religieuse ainsi que la liberté des cultes, accélérant par là même le retour au rayonnement économique et culturel.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, l’esprit frondeur des habitants et les activités politiques secrètes se développent. La monarchie de Juillet, accueillie favorablement, accélère la modernisation de la ville et accroît sa richesse. La bourgeoisie de Strasbourg devient de plus en plus française par l’afflux de population, professeurs, étudiants, militaires et fonctionnaires ; la presse politique, littéraire et scientifique s’épanouit, soutenue par la qualité des éditeurs. Durement meurtrie par le siège et le bombardement de 1870, Strasbourg devient après l’annexion la capitale de la “ Terre d’Empire d’Alsace-Lorraine ”. L’Empire allemand la pare de bâtiments de prestiges, y édifie une université modèle et la dote d’équipements dignes de son rang de capitale, en en faisant aussi une vitrine face à la France vaincue. Si la cohabitation entre les Strasbourgeois et les autorités allemandes, soutenues par un important afflux de population venue d’outre-Rhin, est parfois difficile, surtout avant les années 1890, cette période marque une expansion sans précédent de la superficie et de la population de la ville, qui atteint 150 000 habitants en 1900. Les anciens remparts cèdent la place à des boulevards et à des avenues, de nouveaux quartiers se construisent, et la ville se distingue aussi par la qualité de ses infrastructures sanitaires et sociales, de même que par sa politique de logement populaire. Ces efforts seront poursuivis après le retour de l’Alsace à la France, de 1919 à 1940, en dépit d’une situation économique et politique troublée. Après les années noires de l’occupation nazie, la ville est libérée le 23 novembre 1944 par les troupes du maréchal Leclerc ; malgré plusieurs bombardements en 1943 et 1944, elle a échappé aux destructions massives de la guerre.

La création du Conseil de l’Europe, en 1949, puis la désignation de la ville comme siège du Parlement européen renforcent la dimension internationale de Strasbourg, qui devient aussi le symbole de la réconciliation franco-allemande. Par la suite, la ville a poursuivi sans relâche son extension et sa modernisation, mais a su aussi préserver son patrimoine historique et culturel, en créant notament l’un des plus grands secteurs sauvegardés de France, désormais inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.