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Seine-et-Marne
Cours d'eau
la Seine, la Marne, l'Yonne, le Loing
Population
1 260 000 hab.
Date du recensement
2005
Nom des habitants
Seine-et-Marnais, Seine-et-Marnaises
Superficie
5 915 km²

Le nom du département est composé du nom des deux cours d'eau les plus importants qui le sillonnent : la Seine et la Marne.

La richesse patrimoniale de Seine-et-Marne s'explique par une histoire exceptionnelle, due en partie à une situation privilégiée : voies d'eau et donc de communication nombreuses, gisements intéressants pour l'archéologie, ressources naturelles, forêts ou champs mis en valeur par les propriétaires ou représentés par les artistes, proximité de la capitale.

La présence de l'homme est attestée dès le Paléolithique dans les vallées de la Marne (gisement de Chelles), du Loing et de la Seine. Les premières communautés fixes s'installent au cours du Néolithique, vers 4 000 av. J.-C., laissant des traces importantes comme à Noyen-sur-Seine ou à Marolles-sur-Seine. La création des places fortes est signalée par César à son arrivée en Gaule en 58 av. J.-C. L'époque gallo-romaine renforce ce maillage urbain du territoire. Après la période troublée des invasions germaniques et le regroupement systématique des populations en villages, l'essor du christianisme est à l'origine d'un véritable renouveau avec l'implantation de monastères, puis le développement des paroisses.

Au cours des Ve et VIe siècles de nombreuses fondations sont créées commes les abbayes de Faremoutiers, Lagny, Rebais et Chelles. Affaibli par les invasions normandes au IXe siècle, le territoire de la Brie se restructure progressivement en suivant l'évolution du système féodal qui se met en place. Les châteaux sont construits, les remparts protègent les villes. Le plus puissant des seigneurs, le comte de Champagne, étend son domaine depuis Troyes jusqu'à Provins et s'oppose au roi de France jusqu'au rattachement du comté à la France en 1284. Durant cette période, on assiste à un phénomène de croissance dû aux défrichements (abbayes de Barbeaux, Cercanceaux, Le Lys ou Preuilly), au développement de l'architecture religieuse (collégiale Saint-Martin de Champeaux) et à un véritable essor urbain généré par le dynamisme des foires de Lagny et Provins notamment.

Une période de troubles commence au XIVe siècle avec la guerre de Cent Ans, la peste noire et les révoltes paysannes. La région est assiégée, pillée et dévastée, et tente de se fortifier (châteaux de Blandy-les-Tours et de Brie-Comte-Robert). La nécessité de se protéger influence l'architecture des fermes qui sont reconstruites après la guerre de Cent Ans. De même, les églises de campagne apparaissent souvent composites, sur de solides fondations du XIIIe siècle (églises fortifiées d'Esmans, de Rampillon, de Nagis ou de Saint-Loup de Naud, cathédrale de Meaux). Après 1450, le retour à la paix favorise la reprise des échanges commerciaux et artistiques, ainsi que du développement rural et de la construction. A la Renaissance, il est moins question de défense et d'art sacré que de décoration et de plaisir. Les guerres de Religion et la Ligue apportent leurs cicatrices, comme à la basilique Saint-Mathurin de Larchand ou l'abbaye Saint-Père de Melun. "Un nouvel art de vivre" s'épanouit au château de Fontainebleau à partir de 1530, grâce aux artistes invités par François Ier. Le territoire, riche en forêts et en grands espaces à aménager, devient une terre d'élection pour les rois, leurs grands serviteurs et les seigneurs de la Cour, aux XVIe et XVIIe siècles (châteaux de Nantouillet, de Fleury-en-Brière, de Coulommiers, Vau-le-Vicomte, Chevry-en-Sereine, Nandy, Guermantes). Au XVIIIe siècle, les belles demeures, au décor raffiné, éclosent, entourées souvent de parcs (Champs-sur-Marne). La création du département de Seine-et-Marne, par décret de l'Assemblée nationale le 4 mars 1790, marque l'entrée dans une ère nouvelle. Le zèle révolutionnaire porte atteinte au patrimoine, comme les invasions successives en 1814, 1815, 1870 et 1914. Pourtant, le XIXe siècle est faste pour le patrimoine et les beaux-arts (château de Ferrières-en-Brie, chocolaterie Menier à Noisiel avec le moulin Saulnier). La faïence se développe dans de nombreux ateliers comme à Creil-Montereau ou Rubelles. Les artistes font de la Seine-et-Marne leur terre d'élection : Millet et Rousseau à Barbizon, Rosa Bonheur à Thomery, Sisley à Moret-sur-Loing, Corot et Monet à Chailly-en-Bière, Renoir, Cézanne et Soutine y puisent aussi leur inspiration. L'Art nouveau est en revanche très peu présent.

Jusque dans les années 1970, le patrimoine architectural semble vivre de la tradition ou de l'urgence (avec la construction de logements de masse) plus que de la création. C'est cependant avec l'urbanisme et l'habitat collectif que la Seine-et-Marne innove particulièrement à l'occasion du développement des deux villes nouvelles implantées à Marne-la-Vallée et Sénart. Les dernières années du XXe siècle sont marquées par de nombreuses réhabilitations. Ainsi, de villes en "villes nouvelles" s'enrichit le patrimoine de demain.