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TopicTopos / France / Ile de France / Essonne / Sénart Val-de-Seine / Montgeron
Montgeron
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- 1999
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- les Montgeronnais
La découverte d'un polyèdre de silex au nord-est de Montgeron, aux abords du ru d'Oly, petit affluent de l'Yerres qui irrigue les parties humides du massif forestier de Sénart, pourrait témoigner d'une première occupation humaine du site entre 200 000 et 100 000 ans avant notre ère. Le lieu-dit Le Nouzet, situé sur un coteau orienté à l'ouest, en surplomb de la vallée de la Seine, aurait été occupé à l'époque gauloise. Un habitat est signalé aux abords du ru d'Oly pour l'époque gallo-romaine, tandis que le gué de Senlis aurait permis aux usagers de la voie romaine Paris - Sens, longeant la rive droite de la Seine, de franchir l'Yerres à partir du Petit Crosne. Vers 1147, sous le règne de Louis VII, Montgeron est mentionné sous la forme ' apud montem gisonis in parochio vignoli ', ' Auprès du mont de Gison, dans la paroisse de Vigneux ', au sujet d'une vigne appartenant à l'abbaye de Saint-Maur. Vers le milieu du XIIe siècle, une léproserie, ou maladrerie, est établie dans le bas de Montgeron. Son activité cesse en 1604, et les bâtiments accueillent, vers 1680, un ermitage. Le cimetière de la maladrerie désaffectée devient, vers 1723, celui de Montgeron. La chapelle, alors dédiée à saint Barthélemy, est encore en usage en 1798, malgré la vente de l'ermitage comme bien national. Entrée dans les possessions de la famille de Dreux II Budé en 1510, la seigneurie de Montgeron est cédée en 1604 à Nicolas Brulart de Sillery, alors diplomate, pour le compte de son fils Pierre Brulart de Puisieux. Ce dernier s'y retire en 1624. Ses fils cèdent la seigneurie à Guy Carré en 1642. Pendant la Fronde, entre 1649 et 1652, les Montgeronnais, et les habitants des autres villages de la basse vallée de l'Yerres, souffrent des ' misères de la guerre ', en raison de leur situation géographique. Ils subissent plus particulièrement les événements survenus lors du passage de la rivière par les troupes en septembre-octobre 1652. Entre 1754 et 1763, la liaison Villeneuve-Saint-Georges - Brunoy, passant jusqu'alors par Crosne et Yerres, est modifiée à la suite d'aménagements de voiries. Le nouvel accès à Brunoy se fait désormais par Montgeron, où trois itinéraires sont possibles. L'un d'eux emprunte l'avenue de Monsieur (rue du Maréchal-Lyautey à Montgeron et avenue Pierre-Brossolette à Yerres), allée plantée de deux rangs de tilleuls, conçue en 1687 par André Le Nôtre et achevée vers 1779 avec la construction d'un pont sur le ru de la Navette, aux frais, notamment, des habitants de Montgeron. L'obélisque de Brunoy, érigé en octobre 1779 sur les dessins des architectes Jacques Germain Soufflot, Richard Mique et Michel Barthélemy Hazon, marque un autre itinéraire, passant par la route de Melun. Cette situation nouvelle, qui influe sur l'urbanisme montgeronnais, est probablement à l'origine de l'exploitation commerciale des nombreux établissements de restauration, de services, débits de boissons et d'estaminets. Certaines des enseignes sont restées dans la mémoire locale, tels Le Lion d'or, Saint-Jacques, l'hôtellerie de la Cour Decaux, l'auberge des Trois Rois devenue en 1848 l'auberge du Cheval Blanc, et l'auberge de La Femme sans tête. Le 8 octobre 1786 se déroule la revue militaire de la plaine de Montgeron, au cours de laquelle Louis XVI passe en revue le corps des carabiniers de Monsieur. Ce corps, réduit à 1 200 chevaux en 1775, était en garnison à Saumur et à Chinon. En 1787, lors de son premier voyage en France, l'économiste et agronome anglais Arthur Young note le 15 septembre après avoir traversé la forêt de Sénart : ' Aux environs de Montgeron, champs sans clôtures, produisant avec la récolte autant de perdrix qu'il en faut pour la manger, car le nombre en est énorme' ' Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, la vie montgeronnaise est marquée par le séjour de nombreuses personnalités. Eugène et Louis ou Jules Godard, forains, aéronautes-acrobates de l'Hippodrome, arrivent à bord d'un ballon dans un jardin du ' Haut du pays ' en 1849. Ceux-ci initient en 1857 le dessinateur, photographe et aéronaute Nadar. À cette époque, le peintre, collectionneur et mécène bisontin Jean Gigoux (1806-1894) réside à Montgeron. Il se lie à partir de 1852 à Ève Constance comtesse Rzewuska, veuve d'Honoré de Balzac et propriétaire depuis 1856 du château de Beauregard à Villeneuve-Saint-Georges. Des acteurs, tels Marie Delaporte et Pierre François Beauvallet, choisissent également Montgeron comme lieu de villégiature. À partir de 1863, le physiologiste Pierre Flourens y séjourne l'été, ainsi que son fils ainé Gustave, professeur. Ce dernier, révolutionnaire, est à l'origine de l'établissement du gouvernement révolutionnaire de la Commune après l'insurrection du 18 mars 1871, avec l'écrivain journaliste Félix Pyat, qui se cachera en forêt de Sénart, et le géographe et théoricien de l'anarchie Élisée Reclus. En 1867, l'écrivain Hector Malot épouse Anne Dariès à Montgeron. Jean Baptiste Corot réside chez son ami Soufflot vers 1868. Inspiré par la qualité des sites alluvionnaires et humides de la Prairie, des abords du ru de la Navette et des rives de l'Yerres, il peint Montgeron, Saulaie au bord de l'eau, après y avoir réalisé entre 1855 et 1860 La Plaine aux vaches. Il peint encore Montgeron, Mare avec une vache et une paysanne portant un seau vers 1872-1874. Autour de Virginie Élodie Breton (1859-1935), fille et élève de Jules Breton, et de son époux Adrien Louis Demont (1851-1928), c'est une véritable ' colonie d'artistes ' qui fréquente Montgeron dans les années 1880. Sur les conseils du portraitiste Louis Desmarest, de Joseph Blanc et de Jules Breton, lui-même ami du cultivateur montgeronnais Jacquinot et évoqué à la date du 10 juin 1888, dans le Journal Mémoires de la vie littéraire par Edmond de Goncourt, Virginie et Adrien Louis Demont résident et travaillent à Montgeron entre octobre et mars essentiellement, logeant à la maison Geibel, au 1 de la rue de la Villa (rue Charles-Deguy). Outre les poètes José Maria de Heredia et Leconte de Lisle, ils reçoivent notamment le peintre paysagiste montmartrois Eugène Antoine Lavieille, l'aquafortiste et lithographe Émile Louis Vernier, le ' peintre des prés fleuris d'Alsace ' Gustave Adolphe Jundt, le peintre d'histoire Jean-Paul Laurens et sa famille, l'orientaliste Gustave Guillaumet, le peintre Paul Joseph Blanc, le paysagiste et animalier Ernest Victor Hareux, et le sculpteur et céramiste Jean Joseph Carriès, autant d'artistes caractéristiques de cette période de la IIIe République et de ses manifestations artistiques, qui au cours des années 1894-1905 sont décidés à faire de l'' Art partout '. À partir de 1885 et jusqu'en juillet 1892, les Demont s'installent dans une propriété voisine ayant appartenu à Germain Thomas et offerte par Jules Breton. Cette demeure est détruite en 1987. Outre les grands marchands de tableaux de l'époque, de nombreux artistes fréquentent Montgeron au moment du Salon, notamment les élèves de Virginie et Adrien Demont qui viennent en février-mars, avant le Salon des artistes français, améliorer et achever les oeuvres susceptibles d'être présentées. En 1890, alors qu'ils résident à Montgeron, Ludovic Halévy et son épouse Louise Breguet reçoivent le sculpteur Paul Albert Bartholomé, ainsi que le peintre Edgar Degas, qui entreprend alors des monotypes de paysages en couleurs. Vers 1903, le sculpteur Jean Escoula, élève de Jean Gautherin et praticien d'Auguste Rodin, se fait édifier une demeure au 1 de l'avenue Marguerite et y séjourne jusqu'en 1911. En janvier 1910, les crues exceptionnellement fortes affectent les zones d'alluvions anciennes et plus récentes correspondant aux bas quartiers de Montgeron. Dans la vallée de l'Yerres, les eaux couvrent la route des Peupliers (avenue du Maréchal-Foch) et la Prairie jusqu'à la Côte d'Or et aux premières pentes. Il en est de même à proximité de la Seine, dans le quartier de la rue du Bac-d'Ablon. Les lotissements L'Ermitage et Le Cèdre sont achevés en 1926, de même que la voirie du lotissement Dumay, constitué de lots de 585 m2. La construction du lotissement du Parc du Château de Chalandray, est alors projetée. Cette période d'urbanisation se caractérise encore par la création, en 1933, de la Cité-Jardin, au sein de laquelle les architectes Gutton et Appert, maitres d''uvres, mêlent habitats collectifs et individuels. Dans la vallée de l'Yerres, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les propriétés foncières les plus importantes, qu'il s'agisse de terrains agricoles, de grands parcs d'agrément ou de fragments du massif forestier, sont systématiquement utilisées comme terrains à bâtir. Ces terrains sont essentiellement destinés à la construction de grands ensembles immobiliers, nécessitant la réalisation d'importants équipements collectifs et publics. Une résidence a été édifiée par la Société nationale de construction de logements pour les travailleurs (Sonacotra), à une époque où il a été nécessaire, en Île-de-France, de faire appel à la main d''uvre étrangère. En un siècle, Montgeron est passé de 1955 habitants vers 1894, à 15 730 habitants en 1966, puis 20 003 habitants en 1975, et atteint 22 039 habitants en 1985. Les deux parcs de stationnements dits ' de dissuasion ' créés à proximité de la gare du RER témoignent de la nécessité pour les habitants de cette commune résidentielle de se déplacer quotidiennement pour exercer leur activité professionnelle.
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