topic

Église Saint-Jean-Baptiste

Sceaux
Église Saint-Jean-Baptiste, Sceaux
Église Saint-Jean-Baptiste
Datation
XVIe siècle - XVIIe siècle

Dès le XIIe siècle, est attestée à Sceaux une chapelle, dédiée à saint Mammès et dépendante de la paroisse de Châtenay. Quelques gros moellons de cette époque sont d'ailleurs encore visibles à la base du clocher. Un peu plus tard est alors construit au même emplacement et dans les mêmes dimensions que l'église actuelle, un édifice dédié à saint Jean-Baptiste, plus court cependant d'une travée à l'ouest et flanqué au nord d'un clocher en hors d'œuvre. L'histoire de l'église depuis n'est qu'une interminable succession de travaux, en 1476, en 1541, en 1669. De 1719 à 1726, le curé Baudouin fait reconstruire et voûter la nef à laquelle il fait ajouter une travée et transforme la façade. La Révolution bouleverse les habitudes. Conformément au décret de la Convention du 10 novembre 1793, le conseil municipal décide la fermeture de l'église le 30 novembre, et sa transformation en temple de la Raison. Le temple se retrouve ainsi tapissé aux couleurs nationales et orné d'une statue de la Liberté ! Au cours de la fête de la Raison, il accueille une procession où la déesse Raison, représentée par la jeune Démarate Palloy, fille du démolisseur de la Bastille, est portée en triomphe sur un char. Divers patriotes entreprennent même de brûler la châsse de saint Mammès, très vénérée des Scéens, et les archives de la fabrique, heureusement sauvés inextrémis du feu par l'ancien marguillier Maufra. Pendant plusieurs mois, le temple de la Raison va servir à la fois de mairie, de bureau de bienfaisance, de siège de la Société populaire, de raffinerie de salpêtre et d'entrepôt pour les statues de Diane et du Gladiateur provenant du parc de Sceaux. À partir du 22 mai 1794, l'édifice devient le temple de l'être suprême, comme le rappelle l'inscription sur la façade : « le peuple français reconnaît l'être suprême et l'immortalité de l'âme ». Le 21 juin 1795, l'église est enfin rendue au culte. Dépouillée et abîmée, elle bénéficie tout au long du XIXe siècle des derniers grands travaux d'entretien et d'amélioration.