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Ancienne abbaye bénédictine Notre-Dame

Yerres
Ancienne abbaye bénédictine Notre-Dame, Yerres
Ancienne abbaye bénédictine Notre-Dame
Classement
Inscrit MH : 1996
Datation
1132 - XVIe siècle

L'abbaye bénédictine d'Yerres est fondée à l'époque où le moine Bernard de Clairvaux (1091-1153) soutient au concile d'Étampes le pape Innocent II, réfugié en France, face à l'antipape Anaclet II. Établie au confluent du Réveillon et de l'Yerres, cette fondation est réalisée à la suite d'une donation d'Eustachie de Corbeil et en accord avec Étienne de Senlis, évêque de Paris de 1124 à 1142. Hildegarde de Senlis est, de 1132 à 1155, la première des 44 abbesses qui s'y succèdent pendant sept siècles. En 1280, la communauté d'Yerres acquiert à Paris la maison de la Pie, située au n° 14 de l'actuelle rue des Nonnains-d'Hyères. À partir du XVIe siècle, lorsque Marie de Pisseleu, abbesse de 1544 à 1553, succède à Étiennette de Guaigny, les abbesses sont de nomination royale, à titre perpétuel. Pendant la Révolution, après l'expulsion des bénédictines le 10 octobre 1792, le domaine abbatial fait l'objet de ventes en différents lots. Les bâtiments de l'ancien enclos de l'abbaye subsistants relèvent désormais de diverses propriétés, dont sept importantes, qui ont connu des évolutions distinctes. Des plans d'époques différentes indiquent l'usage de chacun des anciens corps de bâtiments, mais l'église a été détruite. L'aile édifiée vers 1525, probablement à l'initiative de l'abbesse de l'époque, Marie d'Estouteville, subsiste. Selon un plan du XVIIIe siècle, le bâtiment abrite au rez-de-chaussée : le réfectoire, le bûcher, la salle de la communauté, le chapitre. Marie-Thérèse Desmarets, abbesse de 1709 à 1761, et Thérèse-Angélique de Pasquier de Franclieu, abbesse de 1770 à 1792, font effectuer des travaux de remise en état du corps de logis central du XVIIIe siècle. Le rez-de-chaussée de ce bâtiment élevé à proximité des canaux et des sources du jardin comprend la cuisine de la communauté, la boucherie, et l'apothicairerie, ou pharmacie. La vénération de saint Fiacre y est signalée en 1764. Dans l'aile en retour des XVIIe et XVIIIe siècles, le fournil, des petites chambres, et la boutique de menuiserie sont installés au rez-de-chaussée. Certains lots de l'enclos de l'Abbaye appartiennent vers 1797 à l'écuyer et directeur de cirque Antonio Franconi (1737-1836), qui y séjourne avec sa famille. Il y réalise des travaux, faisant notamment appel à l'architecte-paysagiste J. Lalos. D'autres lots sont réservés aux animaux qu'il présente à Paris dans l'amphithéâtre anglais des sieurs Astley, situé rue du Faubourg-du-Temple, et au cirque Olympique de la rue Saint-Honoré. Un incendie ayant ravagé en décembre 1826 l'établissement du Faubourg-du-Temple, la famille Franconi cède ses propriétés d'Yerres pour faire face aux coûts de construction d'une nouvelle salle. Vers 1812, Jean Morand, ancêtre de l'écrivain Paul Morand (1888-1976), réside également dans l'enclos de l'abbaye.